LES RUCHERS D'ARGONNE

Céline GOBIN

Juin 2006

 

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Mercredi 14 juin 2006

Matin

19°C

Après-midi

31
°C

 

Le beau temps est de retour depuis maintenant 10 jours et l'activité des abeilles a bien repris, ce qui me laisse peu de temps pour rédiger mon journal apicole. Je remercie mes fidèles lecteurs des différents mails qu'ils m'ont envoyé au sujet du lien du mois de juin. Mais ce lien était volontairement bloqué car je ne trouvais pas le temps de finir de mettre en ligne mon journal.

Le mauvais temps, qui a duré une quinzaine de jours fin mai / début juin, a beaucoup affaibli certaines colonies, si bien que j'ai du nourrir certaines pour éviter de les perdre totalement.

Avant cette vague de froid, nous avions Vincent et moi, récolté des ruches qui ne disposaient plus de hausses au dessus de leur tête et apparemment le corps de ruche n'était pas bien pourvu de provision. J'ai donc fait la triste découverte, après le retour du beau temps, que certaines colonies étaient mortes de faim ou avaient jeté les faux-bourdons dehors pour éviter la famine de la colonie. Heureusement ce problème n'était ciblé que sur quelques ruchers et sur certaines colonies ou jeunes essaims.

J'ai donc passé la fin de la semaine dernière et le week-end (les 2,3 et 4 juin) à faire le tour de l'ensemble des ruchers pour palier au manque de provision. J'ai donc pour cela charger la cuve à sirop et la pompe sur le Land Rover.

J'avoue que cette période de disette n'était pas vraiment prévue et donc m'a fait réfléchir à une future commande de sirop qui devrait m'être livrée vendredi prochain. Il ne me reste plus que 200 litres de sirop sur les 8 tonnes commandées l'année dernière et cette quantité de sirop est beaucoup trop faible pour palier au besoin des essaims.

Pour ce qui est de la récolte du miel de colza, elle ne fut pas très fameuse. D'après les différents contacts que j'ai eu avec mes collègues apiculteurs de la Marne et l'Aube, les moyennes ne sont pas très élevées. J'espère faire mieux sur l'acacia ...

Je suis allée voir mes ruches transhumées sur l'acacia, mercredi 7 juin. Visiblement c'était le tout début de la miellée et sur certaines colonies les hausses étaient remplies de moitié. J'ai donc posé une deuxième hausse sur ces colonies en espérant que le temps se maintienne et qu'elles se remplissent ...

 

Après un week-end bien rempli à la préparation d'une commande importante en miel et pollen pour une pharmacie à Paris, j'ai décidé lundi de retourner voir les ruches sur l'acacia et là quelle bonne surprise !

Mis en pot du pollen de saule        Mis en pot du miel d'acacia 

Les première et deuxième hausses étaient pleines. Les abeilles travaillaient activement et j'ai même pu posé les hausses sans avoir besoin de l'enfumoir. J'espère que ce beau temps va se maintenir ...

Pour ce qui est de la vente des essaims, la moitié des essaims commandés est partie mi mai et fin mai.

Etant à jour des essaims à la vente, j'ai donc décidé de m'affairer à la division et au remérage de mes colonies qui ne m'ont pas donné entière satisfaction sur le colza. C'est en tout 90 colonies qui pour les plus fortes seront divisées en 2 ou en 3. J'ai décidé cette année de remérer toutes mes reines même si celles-ci n'ont que 2 ans. Car l'année dernière je ne les ai pas reméré et me retrouve donc cette année avec des colonies moyennes.

Pour maintenir le niveau de production, je suis donc tenue chaque année d'élever des reines pour faire en sorte que toutes mes reines aient moins de 2 ans. Malheureusement la différence est flagrante au niveau de la production de miel et de pollen entre une reine de moins de 2 ans et une reine de 3 ans.

J'ai fait une bonne partie de mes divisions de colonie hier car j'avais 80 cellules royales prêtes à naître. Nous sommes rentrés, Vincent et moi, vers 20h30. Autant dire que nous étions plutôt fatigués de cette journée car en plus la chaleur était au rendez-vous et les cellules royales devaient être introduites dans la journée.

Introduction d'une cellule royale prête à naître entre 2 cadres de couvain fermé 

Ces divisions vont me permettre de remplir mes 200 ruches vides et donc de faire des essaims hivernés pour l'année prochaine.

 

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Vendredi 16 et samedi 17 juin 2006

Matin

17°C

Après-midi

26
°C

 

Le beau temps se maintient malgré une matinée bien grise pour la journée de vendredi. En effet le temps était un peu orageux et lourd et le soleil n'a fini par montrer son nez qu'en fin de matinée.

Nous étions partis, Vincent et moi, au matin pour nourrir quelques essaims afin de vider complètement la cuve de sirop qui ne contenait plus qu'une centaine de litres.

Comme prévu vendredi, ma livraison de sirop est bien arrivée à destination. Vincent m'avait donné un coup de main durant la semaine pour nettoyer les anciennes cuves ainsi que les nouvelles cuves car celles-ci viennent d'une entreprise de fabrication de lessive. Ces cuves sont vraiment dans un état neuf mais doivent être nettoyées correctement pour pouvoir ensuite stocker le sirop à l'intérieur. C'est ainsi 12 cuves qui ont été nettoyées ( 6 nouvelles + 6 anciennes qui avaient contenu le sirop de l'an dernier).

Cuve à sirop vide prêtes à être remplies 

La livraison a eu lieu vers 9 h 30 et vers 10 h 30 les 16 tonnes de sirop étaient dans mes cuves. Le remplissage est assez rapide car le camion dispose d'une pompe très puissante reliée à un gros tuyau permettant de remplir une cuve de 1 000 litres en 5 minutes.

Remplissage des cuves 

La livraison achevée nous sommes repartis nourrir les essaims issus des divisions de colonie effectuées durant la semaine ainsi que ceux fait le mois dernier. Actuellement je dois tourner autour de 150 nouveaux essaims.

La journée de samedi fut consacrée, en début de matinée, à 2 greffages sur 2 starters que j'avais préparé la veille. J'ai greffé en tout une centaine de cupules pour faire face au demande de cellules royales mais aussi pour faire de nouveaux essaims.

Vers 11 h 30, je me suis rendue à la journée technique organisée par le Rucher Vitryat, syndicat de Vitry le François. Tous les syndicats de la Marne étaient présents ainsi qu'une bonne partie des adhérents.

  

La journée technique avait lieu au Rucher Ecole de Moiremont près de Sainte Ménéhould, à une trentaine de kilomètres de chez moi. Le cadre est très agréable et nous bénéficions même d'une grande salle dans laquelle nous avons pu prendre l'apéritif et le déjeuner. Le beau temps était de la partie.

L'après-midi fut réservé à un exposé sur les OGM dans le monde présenté par la firme Syngenta. A l'intérieur de cet exposé, a été développé l'importance pour nos abeilles d'avoir une flore très variée. Malheureusement l'idée a du mal à faire son chemin car maintenant l'agriculture n'autorise plus la moindre mauvaise herbe. Les abeilles, après la floraison du colza, se retrouvent bien souvent sans aucune ressource mellifère et ceci peut créer de graves carences pour les colonies d'abeilles.

Monsieur Charles Bousser, président de l'Abeille Marnaise, nous a présenté les différents traitements varroas et a mis l'accent sur le traitement à l'acide oxalique. En effet ce traitement pourrait nous permettre de changer de molécule car nous utilisons tous en grande majorité l'Apivar.

L'acide oxalique est à utiliser en période hors couvain (décembre / janvier). Il suffit pour cela de diluer 35 g d'acide oxalique dans 1 litre d'eau et 1 litre de sirop. Ensuite il suffit de répandre 50 ml (pour une belle colonie) de la solution entre les cadres de la ruche, là où les abeilles sont présentes. Les abeilles consomment ce sirop et donc diffuse la molécule du produit dans la ruche.

L'Apistan est devenu peu efficace au niveau de la lutte contre le varroa.

L'Apiguard reste efficace mais doit être utilisé à une température supérieure à 5°C sinon le produit devient toxique pour l'abeille. L'inconvénient pour l'apiculteur est qu'il dégage une forte odeur que l'on peut ressentir à plusieurs mètres du rucher.

A la demande du Rucher Vitryat, j'avais amené du pollen fraîchement récolté le matin même pour en faire la dégustation aux nombreux apiculteurs présents lors de cette journée. Tous les apiculteurs ne produisent pas forcément du pollen et donc n'en ont jamais goûté. C'était donc l'occasion de déguster un des produits de la ruche, le pollen frais. L'avantage du pollen frais par rapport au pollen séché est qu'il garde toutes ces propriétés au niveau des ferments et peut être congelé sans altérer la qualité du produit.

La journée se termina par une démonstration d'élevage de reines ainsi que des greffages avec le picking chinois sur des colonies d'abeilles présentes sur le rucher école de Moiremont.

Cette journée est vraiment l'occasion de rencontrer de nombreux passionnés d'apiculture qu'ils soient amateurs ou professionnels. Le but est d'échanger, de s'aider sur divers points (élevage de reines, etc) et peut-être de donner l'envie à d'autres personnes de pratiquer l'apiculture.

 

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Mardi 20 et mercredi 21 juin 2006

Matin

17°C

Après-midi

23
°C

 

Levée à 6h ce mardi matin pour l'enlèvement d'essaims artificiels et de cellules royales. Arrivée à 6h30 sur le rucher pour charger les essaims, déjà quelques abeilles sortaient pour aller chercher de l'eau pour leurs colonies. Il faisait déjà bon à cette heure pour travailler.

Les essaims partis, j'avais programmé ma matinée au prélèvement de cadres de couvain sur des colonies de production. En effet celles-ci sont très fortes en population et pour ne pas voir des essaims pendus au bout des branches, il m'est impératif de diminuer la pression de jeunes abeilles à l'intérieur des ruches. D'autant que j'ai ce matin là 15 cellules royales à introduire.

Les divisions de colonies touchent à sa fin. Il doit me rester en tout et pour tout une dizaine de colonies à diviser. Ces colonies ne représentent pas une réelle urgence, c'est pourquoi je préfère prélever des cadres de couvain dans mes ruches de production afin qu'elles n'essaiment pas. Je prélève en tout 2 cadres de couvain fermé par colonie. En prélevant mes cadres de couvain, je me suis rendue compte que la plupart des colonies ont entre 8 et 10 cadres de couvain, d'où l'importance de les prélever au plus vite.

L'après-midi fut réservé à la récolte du miel d'acacia sur mes 2 emplacements de transhumance dans la Meuse. Les hausses étaient bien remplies ce qui donne du coeur à l'ouvrage.

Hausse d'acacia           Récolte au souffleur 

Comme pour chaque récolte, j'utilise le souffleur pour enlever les abeilles restant dans les hausses. Pour cela j'enfume légèrement la tête des cadres de hausse pour faire descendre les abeilles. Ensuite je souffle la tête des cadres ainsi que l'espace entre les cadres puis je retourne la hausse et souffle le derrière de la hausse en prenant soin de maintenir légèrement les cadres afin qu'ils ne tombent pas par terre (comme sur la photo au dessus à droite).

Depuis 6 ans que je transhume sur l'acacia, c'est bien la première année où j'ai vu autant de fleurs d'acacia sur les arbres.

J'ai donc ramené les hausses de miel et en même temps que la récolte nous reposions avec Vincent une hausse vide pour préparer les ruches à leur future transhumance mais aussi pour permettre à toutes les abeilles d'avoir un volume suffisante pour pouvoir rentrer dans la ruche.

Pour la journée de mercredi, j'ai préparé au matin les 2 emplacements de transhumance sur oeillette. C'est un travail assez pénible car il me faut emmener des agglos et des tubes en métal pour pouvoir mettre les ruches dessus.

Pour les transhumances sur l'acacia, pas besoin de portoirs puisque je ne récolte aucun pollen durant la floraison de celui-ci. Mais la transhumance sur les oeillettes est réservée exclusivement à la récolte du pollen de cette fleur et donc je suis obligée d'installer mes ruches sur des portoirs d'une hauteur suffisante pour pouvoir installer mes trappes à pollen d'entrée. Jusqu'ici je n'ai encore pas trouvé d'autre système de portoir qui ne soit pas aussi lourd à transporter que des agglos.

Fleur d'oeillette 

L' oeillette ne produit que du pollen qui est de couleur gris. Il a le goût du pollen de coquelicot en un peu mois amer. Je le récolte et le conditionne pour la société Pollenergie (voir le lien pollen).

Dans l'après-midi je me suis occupée de 2 de mes 6 starters afin de les préparer pour un greffage que je dois faire le lendemain de la préparation de celui-ci.

J'ai également contrôlé les éclosions de mes cellules royales sur 44 essaims artificiels que j'avais fait le jeudi 15 juin. Toutes les cellules royales étaient ouvertes prouvant que la reine était bien sortie. J'aime à contrôler les éclosions des cellules 5 jours après leur introduction (quand j'en ai le temps bien sûr car entre les transhumances et les récoltes, le mois de juin est peut-être un des mois de l'année le plus concentré au niveau charge de travail).

En soirée nous sommes partis dans la Meuse avec Vincent pour transhumer nos ruches de l'acacia sur les champs d'oeillette. Ainsi j'ai pu prendre des photographies de la grue de transhumance Easyloader car la fois où j'ai transhumé mes ruches sur l'acacia, j'avais oublié mon appareil photo numérique. Les photos sont bien souvent plus parlantes ...

Chargement des ruches sur le 4x4 à l'aide de la grue Easyloader                        

La grue est vraiment l'outil indispensable pour mes transhumances surtout que les ruches faisaient leurs poids à la fin de la floraison de l'acacia. Les corps de ruche étaient gorgés de miel. Pour 32 ruches, le chargement sur le plateau du 4x4 dure à peine une demi heure et tout ceci sans fatigue, ni mal de dos.

Maintenant mes ruches se trouvent sur les oeillettes et je dois maintenant me concentrer sur les ruches qu'il me reste afin de les regrouper, d'ici la fin juin, sur mes divers ruchers sédentaires situés sur le tilleul. Les transhumances ne sont pas encore terminées ...

 

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